Home Justice Au Togo «on aime voir notre prochain en prison, pour rien du tout », Yaovi Sronvie, président de la CNDH

Au Togo «on aime voir notre prochain en prison, pour rien du tout », Yaovi Sronvie, président de la CNDH

by Le Tabloid

« Nous sommes dans un pays où on aime voir notre prochain en prison, pour rien du tout ». Ces propos sont de Yaovi Sronvie, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH). Il les a tenus samedi dernier, au cours d’une intervention suite à un panel portant sur la dignité lors de la 8e édition de la Nuit des droits de l’Homme, une initiative du Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) pour distinguer les acteurs qui se sont illustrés dans la promotion des droits de l’Homme.

« Quand on arrête quelqu’un ou l’amène au commissariat et on lui dit de rentrer libre et revenir demain matin, quand il rentre et le plaignant le voit, il estime déjà qu’il est allé corrompre l’agent. Ou bien il est gardé et on le défère, le procureur apprécie, le met en liberté et dit qu’il peut comparaitre libre, pour le plaignant, il a corrompu le juge», a déclaré le président de la CNDH, pour préciser sa pensée.

« Ce sont nos mentalités aujourd’hui », regrette M. Sronvie, cette attitude entretenant aussi la surpopulation carcérale dans les prisons du Togo, et de poursuivre : «Les gens font express d’aller donner la convocation, mais ils ne la remettent pas (au concerné), pour pousser le juge à décerner un mandat d’amener. Et ils sont contents et se disent : je l’ai fait arrêter, je suis plus fort que lui. Nous avons cette mentalité aujourd’hui et ça agit sur notre système judiciaire ».

Le président de la CNDH ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Au-delà du commun des gens, il a aussi évoqué la part de responsabilité des juges. « Nous constatons qu’au niveau du parquet, beaucoup de juges n’ont pas cette liberté que nous on avait, lorsqu’on leur défère des citoyens, d’apprécier et de dire : non, les faits ne sont pas constitués, rentrez, ou bien les faits sont constitués, mais ce délit n’a pas nécessairement besoin de faire l’objet d’une incarcération », a déploré Yaovi Sronvie, n’occultant pas particulièrement le manque de courage des juges du parquet qui, s’estimant sous ordre, ne se pressent guère de connaitre des dossiers et se réfugient derrière leurs collègues du siège qui auraient plus de liberté…

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