Covid-19 et confinement : Un Togolais témoigne de l’enfer en France

Coronavirus ! La seule évocation de ce nom crée la chair de poule. Dans plein de  pays en Europe et en Asie, c’est le confinement total. Un véritable enfer que vivent les gens en France, en Italie, en Espagne, etc. Koffi Amédényanou (photo), un Togolais résidant à Orléans dans la région parisienne, témoigne des affres, surtout celles liées au confinement décrété depuis le 16 mars 2020 en France. Bonne lecture.

Que pensez-vous du Corona virus Covid-19 ?

Ecoutez, je suis confus face aux informations contradictoires sur cette maladie devant laquelle nous sommes impuissants. Pendant que les populations comptent des morts arrachés à leur affection par cette terrible maladie, cet océan d’infos que sont les réseaux sociaux, nous tue autant psychologiquement que le Covid-19. Seule chose que je puisse vous dire sur cette pandémie, c’est qu’elle est pire qu’une forte tempête qui arrache tout sur son passage. Ici, cette maladie arrache à notre affection, des personnes qui nous sont chères : grands-parents, parents, frères et sœurs, copains et copines, amis, etc., à telle enseigne que nous sommes tous perdus. Serai-je victime demain de ce virus malgré toutes les précautions d’hygiène au quotidien ? Si, oui, prendra-t-il le dessus ? Telles sont les questions récurrentes qui me taraudent l’esprit. Pire, elles passent en boucle et à longueur de la journée dans ma tête.

Que pensez-vous des mesures barrières ?

Ce sont toutes ou presque des règles élémentaires d’hygiène que nous connaissions déjà, mais que nous pratiquions moins par négligence. Aujourd’hui, je suis contraint de les appliquer à la lettre et les faire appliquer à mes enfants. La santé en dépend. Aucune de ces règles n’est difficile à adopter, si la volonté y est. Et surtout, si l’on veut rester vivant et ne pas faire de la peine à ceux qu’on aime et qui nous aiment. C’est pour ça que j’exhorte chacun à faire siennes ces mesures, non pas pour plaire à quiconque, mais pour soi-même et la sécurité des autres.

Et le confinement, comment le vivez-vous ?

C’est la plus lourde contrainte ! Le confinement a été imposé du jour au lendemain, devant les ravages du Covid-19. On n’y attendait pas trop, on croyait qu’au vu de l’avancée de la médecine en Europe et particulièrement en France, un remède serait vite trouvé et que l’on poursuivrait allègrement nos activités. Mais, hélas ! La progression rapide du virus, le nombre de foyers, de personnes contrôlées positives, puis les morts par-ci et par-là ont amené le gouvernement à cette mesure complémentaire qui a des conséquences désastreuses en termes économique, financier et social.

Le confinement est une nouvelle vie. Une vie que je n’ai jamais imaginé vivre un jour. Un vrai changement de rythme sur fond de routine. Ce sont de longues journées qu’on passe à tourner en rond à la maison. D’ailleurs, je trouve qu’elles sont plus fatigantes que lorsque je suis au travail, à force de ne rien faire, à part manger et dormir ! C’est triste, mais nous avons le choix entre survivre ou mourir. Le comble, c’est que tu n’as plus d’excuse à donner à ta compagne, pour des heures de distraction que tu t’offrais après le travail. Un tour chez un pot ou une tierce personne pour papoter ou encore prendre ensemble de l’apéro, ce n’est plus à l’ordre du jour. Vivement que cette fichue maladie s’en aille pour que je reprenne le chemin de mon travail : revoir les collègues et surtout, reprendre mes habitudes de plusieurs années en arrière.

Je vais faire un aveu : excédé par les demandes sans cesse d’une copine qui déprimait seule chez elle, j’ai tenté de braver l’interdiction de sortie avec une dérogation. Sauf que j’ai été contrôlé sur un axe qui était loin de ma destination réglementaire. Les flics n’ont pas hésité à m’infliger un PV de 135 €, avec injonction de faire demi-tour.

Justement, comment appréhendez-vous déjà la reprise de vos activités dès la levée des mesures de confinement ?

Là, ça va être difficile, j’en suis sûr. Mais, je crois que je mettrai tout de mon côté pour reprendre mes repères le plus rapidement possible. Il en va de ma santé et surtout de celle des finances. Il faut se dire la vérité, les charges ne savent pas qu’il y a eu ou non confinement…Je dois rappeler que l’été, c’est pour bientôt, et pour en profiter, il faut des moyens conséquents. Donc, je n’ai pas le droit à l’erreur. J’ai l’obligation de me remettre dans le moule, et au plus vite !

Témoignages recueillis par

Didier LEDOUX

 

 

 

 

 


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