Home ActualitéPolitique CPP : Dans les coulisses de la destitution d’Emmanuel Anani Akolly  

CPP : Dans les coulisses de la destitution d’Emmanuel Anani Akolly  

by Le Tabloid

Il n’est plus Président national de la Convergence patriotique panafricaine (CPP) depuis le samedi 21 novembre 2020. Emmanuel Anani Akolly et son bureau exécutif ont été destitués par un conseil national qui a élu un nouveau Président chargé de la coordination, Adrien Beliki Akouete, et un bureau provisoire chargé de mettre en œuvre la feuille de route du congrès ordinaire du 7 décembre 2019,  réviser les statuts du parti et convoquer un congrès extraordinaire dans les délais raisonnables. Et depuis, le Président déchu crie au scandale. Mais au regard des indiscrétions glanées dans les coulisses de cette affaire, tout porte à croire que c’est la mauvaise foi autour d’un gentleman agreement qui est à l’origine de ces bisbilles.

En effet, comme de pratique en amont de tous les congrès de partis ou syndicats où les grandes manœuvres ont lieu dans les coulisses, c’est Adrien Beliki Akouete qui aurait été préparé, selon les indiscrétions, pour prendre les rênes du parti en hibernation depuis plusieurs années après la fin du mandat de Francis Ekon. Syndicaliste, sa fonction de Secrétaire Général Adjoint de la Confédération syndicale internationale (CSI)-Afrique et donc de fonctionnaire international était incompatible avec celui de Président d’un parti. Il prenait alors ses dispositions pour répondre à l’appel des militants, notamment en décidant de ne plus briguer de mandat au poste de Secrétaire Général Adjoint de CSI-Afrique qu’il assurait.

Au congrès de l’organisation syndicale à Abuja au Nigeria du 20 au 22 novembre, il ne se présente plus à un autre mandat bien qu’il en eût la possibilité. Mais la CSI-Afrique n’était pas prête à le laisser partir, son poste étant stratégique et lui propose un contrat d’un an comme conseiller afin d’aider les nouveaux adjoints non togolais à connaitre le terrain. Adrien Beliki Akouete accepta au forceps un contrat de six (06) mois pour faciliter une bonne passation de service entre les nouveaux adjoints et lui.

Cette tournure des événements remit alors en cause le programme établi pour le congrès de la CPP. De retour à Lomé, il en informa Sewa Mensah, Secrétaire Administratif dans le bureau de Francis Ekon, membre de la Coordination provisoire issue du congrès extraordinaire du 26 octobre 2020 au Relais de la Caisse pour préparer le congrès du 7 décembre 2019 à Brotherhome et futur Secrétaire Général de la CPP, ce dernier lui propose de faire un deal avec Emmanuel Anani Akolly, alors aussi membre de la Coordination provisoire. Un gentleman agreement fut scellé entre Adrien Beliki Akouete et Emmanuel Anani Akolly au cours d’une réunion où était présent Sewa Mensah. Selon le deal, Akolly devrait se présenter et se faire élire pour six (06) mois à la Présidence du parti, le temps que le contrat d’Adrien Beliki Akoueté à la CSI-Afrique arrive à terme.

Conformément à ce gentleman agreement, le jour du congrès à Brotherhome, au moment de la désignation des candidats pour la Présidence, Adrien Beliki Akouete ne s’est pas présenté. Bien plus, il prend la parole pour adouber Emmanuel Anani Akoly, au nom du deal connu de certains qui étaient dans les secrets des dieux. Surprise générale et tohu-bohu dans la salle. Les militants s’estimaient trahis et étaient contre ce revirement. Il fut alors requis une suspension des travaux et un huis clos eut lieu entre une dizaine de congressistes. Au cours des conciliabules, ceux qui n’étaient pas informés du deal, en furent avisés. De retour dans la salle à la reprise des travaux, Adrien Beliki Akouete prend la parole pour expliquer le problème, notamment l’accroc du contrat de six mois à la CSI-Afrique. Et de promettre aux militants : « Camarades, calmez-vous, dans six mois, on verra ».

Il nous revient que le procès-verbal de ce congrès du 7 décembre 2019 a été adopté au conseil national de samedi passé à Brotherhome et relève bien ce deal de six mois établi sur la base de confiance mutuelle que ne veut pas aujourd’hui entendre de cette oreille Emmanuel Akoly. Et pourtant lui-même a avoué à demi-mot son existence dans un document daté du 19 novembre 2020 qu’il appelle « Ma vérité sur le mémorandum du 7 décembre 2019 au 15 novembre 2020 produit par le Secrétaire Général du parti » en écrivant : « Pour ma compréhension de cette phrase, c’était un bouche-trou et non une parole d’évangile ».

Relancé depuis le 5 août 2020 sur ce gentleman agreement à la fin du délai des six mois, Emmanuel Anani Akolly nie son existence, s’estimant élu au congrès du 7 décembre 2019 pour un mandat régulier de cinq (05) ans. C’est le début d’une série de bras de fer qui aboutira à l’organisation au forceps du conseil national le samedi 21 novembre dernier et la destitution de son bureau complet.

Le processus, nous revient-il, a débuté le 26 août 2020. Ce jour, Emmanuel Anani Akolly organise une réunion du bureau exécutif. Et sur dix (10) présents sur les dix-sept (17) membres, neuf (09) votent pour la tenue d’un conseil national et arrêtent la date du 12 septembre 2020. Le moment arrivé, il tient les câbles jusqu’à ce que le 16 septembre 2020, il fut frappé par un deuil. Selon les informations, il requit un délai d’un mois, jusqu’au 15 octobre, pour s’exécuter. Mais c’était manifestement un prétexte pour gagner du temps.

Le 3 octobre 2020, le 1er Vice-président Komla Apla convoque une réunion du bureau. Etaient présents douze (12) membres, dix (10) votèrent pour le maintien du conseil national et autant pour la date du 17 octobre 2020. Le bureau demande au 1er adjoint de signer les lettres d’invitation. Ce dernier, selon les informations, évoque des arguments à la limite métaphysiques pour se débiner et laisse la prérogative à la 2e Vice-présidente Chantal Makouhoui de le faire. Ce qu’elle fit. Mais Emmanuel Anani Akolly remet en cause la démarche et saisit par courrier en date du 16 octobre 2020 le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement de territoires pour se plaindre.

Le même jour, Payadowa Boukpessi demande à rencontrer la 2e Vice-présidente. Empêchée, elle charge Adrien Beliki et Sewa Mensah de la représenter. L’autorité évoque un problème de sécurité à la tenue du conseil national, demande à ses interlocuteurs de le reporter de quelques jours et promet s’entretenir avec le Président d’honneur Francis Ekon. Requête à laquelle les partisans du conseil national accédèrent et ne l’organisèrent qu’un mois plus tard, soit le 21 novembre 2020. Rencontre à Brotherhome qui déboucha sur la destitution d’Emmanuel Anani Akolly et son bureau, mais aussi l’élection d’Adrien Beliki Akouete comme Président national chargé de la Coordination, à la tête d’un bureau provisoire de dix-sept (17) membres chargé de la mise en œuvre de la feuille de route du congrès du 7 décembre 2019, la révision des textes du parti mais aussi la convocation dans les meilleurs délais d’un congrès extraordinaire…

Cette tournure des événements est, au demeurant, la résultante de la mauvaise foi autour du gentlemen agreement et du refus manifeste d’Emmanuel Anani Akolly de s’exécuter aux décisions des membres du bureau. Il s’agit bien d’une cuisine interne à la CPP, d’un linge sale qui aurait bien pu être lavé en famille, loin des regards et des oreilles indiscrets…Mais hélas !

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