Home Echos des communes Golfe 5 : Les pré-collecteurs d’ordures ménagères ne lâchent pas Kossi Aboka

Golfe 5 : Les pré-collecteurs d’ordures ménagères ne lâchent pas Kossi Aboka

by Le Tabloid

La crise née entre le maire Kossi Aboka et les structures de pré-collecte d’ordures de la commune Golfe 5 n’est pas près de se dénouer. Regroupées au sein du Collectif des pré-collecteurs d’ordures ménagères de la commune Golfe 5 (CPOM-CG5), ces entités sont à nouveau montées au créneau, ce mercredi au cours d’une conférence de presse au Centre des études sociales pour l’apostolat des laïcs (CESAL), pour « exprimer publiquement [leur] vive désapprobation » des agissements du maire, « communiquer aux  médias ainsi qu’à [leurs] clients les récents développements » de leur situation » et lancer des appels tous azimuts en vue d’une résolution favorable du problème.

Dans leur déclaration liminaire présentée à l’occasion, ces pré-collecteurs opérant dans la commune depuis un quart de siècle ont fait l’historique du différend, évoqué les diverses péripéties et démarches entreprises en vue de relations apaisées avec le maire. « Nous avons des employés, des crédits bancaires en cours que nous remboursons (…) Nous arracher totalement par cette manière cavalière nos activités va créer vraiment une insécurité sociale », dénoncent ces entreprises prestataires, au nombre de soixante-quinze (75), opérant dans la commune depuis un quart de siècle et employant au moins six cent vingt-quatre (624) agents.

Les responsables du Collectif et leur Conseil Me Zeus Ajavon à la table d’honneur

Conseil du Collectif, Me Zeus Ajavon relève une violation flagrante d’un droit fondamental confié par la Constitution togolaise, la liberté de commerce et d’industrie (ou de service), et « un détournement de pouvoir » par Kossi Aboka. « Le maire utilise le pouvoir administratif à autre chose que l’intérêt général (…) Nous voyons que l’entreprise ‘’Ville Propre Pour Tous’’ qui a été créée n’est qu’un prête-nom et le maire lui-même est intéressé, c’est pour cela que ça se passe ainsi. Dans les autres communes, ce n’est pas comme ça (…) Ici le maire a un intérêt particulier», croit fermement l’avocat qui confie avoir demandé une audience à rencontrer le maire pour parler du problème, sans suite. 

La crise en question, faut-il le rappeler, est née courant juillet 2021, notamment suite à l’annulation, en décembre, de l’appel d’offres lancé par la mairie Golfe 5 pour la collecte d’ordures ménagères, en raison des contestations tous azimuts. Elle s’est exacerbée avec l’attribution envers et contre tous dudit marché en juillet 2022 à la société « Ville Propre Pour Tous », une entreprise dite « de circonstance » (qui serait) créée le 28 juillet 2021, soit un an à peine auparavant. Viendra s’y ajouter l’attribution d’un second marché aux sociétés « Ville Propre Pour Tous » et Ananda.

Photo de famille des pré-collecteurs au terme de la rencontre

Au fil des mois et années, la tension est montée entre les pré-collecteurs et le maire Kossi Aboka et ce dernier est allé jusqu’à interdire de ramassage et de déchargement d’ordures les entités non autorisées et enclencher, depuis mai 2024, une opération de saisie des tricycles et autres véhicules que les propriétaires ne récupèrent qu’après paiement d’amendes respectives de 50 et 100 000 FCFA. Ces engins seraient carrément interdits de stationnement et de circulation dans la commune. Entre-temps en juin 2024, il a été demandé aux pré-collecteurs frondeurs de constituer des dossiers à déposer au siège de la société Winners Trading Corporation, dans le cadre d’un accord tripartite avec la mairie et l’entreprise « Ville Propre Pour Tous ». Mais ils n’ont pas été retenus, ou plutôt ont été soigneusement écartés, pour non-conformité et manque de documents administratifs et techniques.

Face à cette tragicomédie, les pré-collecteurs redoutent la mise au chômage de la soixantaine de structures opérant dans la pré-collecte et leurs 624 agents et familles, une insécurité sociale donc. C’est aussi l’appréhension de Me Zeus Ajavon. « Lorsqu’un Togolais travaille, qu’il soit subalterne ou cadre, il a au moins 10  personnes qui dépendent de lui. Ces pré-collecteurs d’ordures sont plus de 600, multipliés par 10, cela fait 6000 personnes qui vont mourir de faim et dont les enfants ne pourront plus aller à l’école », a-t-il souligné, et de pester : « Avant de prendre une décision, il faut voir ses conséquences sociales ».

Au demeurant, le Collectif exhorte le maire Kossi Aboka à prendre exemple sur ses collègues des autres communes où les pré-collecteurs traditionnels opèrent en toute harmonie avec ou à côté des entreprises de collecte retenues sans aucun heurt. « Nous voulons que le maire nous laisse travailler de la même façon que les autres maires laissent les pré-collecteurs le faire dans leurs communes », adresse Béthel Attikpo, responsable de l’une de ces structures de pré-collecte laissées sur le carreau.

Ces pré-collecteurs invitent les autorités municipales à engager des discussions avec les entreprises (de pré-collecte) exerçant dans la commune et recueillir leurs avis afin de « sauver des vies et préserver la paix sociale », arrêter de saisir leurs engins, procéder à une contractualisation pour une bonne gestion de la pré-collecte d’ordures dans la commune, annuler les résultats de l’offre de sous-traitance avec la société « Ville Propre Pour Tous » et organiser une nouvelle offre…Ils lancent un appel pressant aux autorités gouvernementales et autres à « contribuer au bon dénouement de cette situation qui perdure et affecte [leur] travail et [leurs] vies ».

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