Indemnité de départ à la retraite : Les retraités du public dénoncent l’« indifférence », le « grave mépris récurrent » du gouvernement, une « iniquité intolérable »…

Les retraités du secteur public du Togo ne sont pas contents, mais alors pas du tout, ils s’estiment abandonnés à leur triste sort, après des décennies de bons et loyaux services rendus au pays. Ils ont tenu à crier leurs ressentiments, au cours d’une conférence de presse organisée par leur organisation syndicale de tutelle, le Syndicat national des retraités du secteur public du Togo (SYNARESEP-Togo), ce mardi à leur siège. Par cette sortie, ils veulent « alerter et interpeler l’opinion nationale et internationale sur le triste et funeste sort qu’est celui des retraités de tout le secteur public du Togo ». Leur colère porte notamment sur le non-paiement des indemnités de départ à la retraite.

« La base sociologique de notre sortie, c’est l’indifférence du gouvernement à l’endroit des retraités que nous sommes (…) Cette indifférence du gouvernement à notre endroit après quatre (04) interpellations au niveau de deux Premiers ministres et de deux cahiers de charges de la fête du travail nous a fait beaucoup mal au cœur et nous avons tenu à l’exprimer ouvertement pour que le peuple et le gouvernement du Togo sache que nous l’avons ressenti amèrement», a indiqué le Secrétaire Général Adjoint du SYNARESEP-Togo, Prof Magloire Kuakuvi. « (…) On nous ignore complètement, nous qui avons, par nationalisme, consacré plus de 25 ans de notre vie à servir le pays. Nous aurions pu être ailleurs, mais par nationalisme, nous avons travaillé pour l’administration », a-t-il déploré.

En effet, l’indemnité de départ à la retraite faite de douze (12) mois de salaire s’est traduite dans la loi N°91-11 du 23 mai 1991 ; mais son paiement a été malheureusement suspendu en février 2011. Dans son allocution de la veille du 59e anniversaire de l’indépendance du Togo le 26 avril 2019, le chef de l’Etat Faure Gnassingbé avait ressuscité le sujet et annoncé la reprise intégrale du paiement de ces indemnités dès janvier 2020, avec effet rétroactif. Cette annonce qui épousait parfaitement le cahier de doléances du SYNARESEP-Togo, créé en mars 2018, avec pour point central la question des indemnités de départ à la retraite, avait ramené à la vie bien de ces compatriotes retraités, du moins constitué un ouf de soulagement. Ils croyaient à une levée de fait de la suspension. Mais leur espoir sera déçu. « (…) Puis, plus rien ! C’est le silence total ! Et ce, malgré les multiples démarches entreprises par le SYNARESEP-Togo et relayées par les centrales syndicales », déplore le syndicat, dans une déclaration présentée par le chargé à l’administration, à l’organisation et aux archives, Franck Ablodévi Amedivlo.

Le 7 septembre 2021, après plus de deux ans donc d’attente, le gouvernement a cru devoir communiquer à nouveau sur le sujet, dans une déclaration à la suite d’une session spéciale du Conseil du dialogue social (CNDS) relatif à la « mise en place, à compter du 1er janvier 2020, d’un nouveau système d’indemnités de départ à la retraite pour les fonctionnaires, agents et employés de l’Etat ». Une sortie qui, aux yeux des retraités, supprime de fait les indemnités de départ à la retraite, a été fustigée par le SYNARESEP-Togo à cause des discriminations créées à dessein pour payer le moins possible les retraités par le jeu de la catégorisation.

Les retraités se sentent méprisés d’autant plus que cette problématique du paiement de l’indemnité de départ à la retraite était le problème central identifié par le SYNARESEP-Togo, à sa création en mars 2018 et signifié dans ses cahiers de doléance 2018 et 2019. Des correspondances ont été adressées notamment aux Premiers ministres, au ministre de la Fonction publique, ils ont sollicité des audiences pour porter leurs doléances aux autorités compétentes. Mais toutes ces démarches ont restées pratiquement sans suite.  Ce mépris révolte légitimement les retraités, surtout que le gouvernement lui-même avait reconnu et classé ce non-paiement des indemnités de départ à la retraite dans la dette intérieure.

« Après trente (30) ans et même plus de bons et loyaux services rendus à l’Etat, chaque retraité du secteur public, quel qu’il soit, a droit à douze (12) mois pleins de salaires comme indemnités de départ à la retraite. Indemnités qui doivent lui permettre de régler des problèmes en suspens et/ou de se lancer dans des activités lui permettant personnellement de se prendre tout de suite en charge », pestent les retraités qui ressentent ce traitement comme de l’ingratitude et ne mâchent pas leurs mots pour exprimer leur ressenti : « Injustice sociale », « déni de droit », « iniquité intolérable », « violation des droits des retraités », « indifférence du gouvernement », « grave mépris récurrent »…

« Nos indemnisés sont devenues un jeu de pingpong que, de temps en temps, l’on nous renvoie et dont les règles sont en dents de scie, certains jouissant pleinement de ces indemnités, d’autres les recevant de façon sporadique, par tranches et par étapes. Enfin, il y a encore des retraités qui sont encore et toujours dans l’attente de ces indemnités », peste le SYNARESEP-Togo face à l’indifférence du gouvernement à ce problème et à ce qu’ils qualifient de  «situation tragique » à eux imposée. Le syndicat réclame le paiement de 12 mois d’indemnité de départ à la retraite à tous les retraités et en appelle à tous, syndiqués ou non, aux organisations syndicales, associations professionnelles, organisations de défense des droits humains, institutions internationales du monde du travail (BIT, CSI Afrique, etc.) à « agir et faire diligence afin de ramener l’Etat togolais à de meilleurs sentiments vis-à-vis de ses retraités ».


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