«Même si mon père présente aujourd’hui une forme grave (de Covid), je ne peux pas l’hospitaliser à Kégué», alerte Prof Didier EKOUEVI

L’on assiste à une flambée des cas de contaminations de Covid-19 depuis un moment au Togo et le CHR-Lomé Commune de Kégué dédié à l’hospitalisation des malades est débordé. Le Prof Didier Koumavi EKOUEVI, Président du Conseil scientifique, tire la sonnette d’alarme.

« Au CHR Lomé Commune, si nous avons entre 150 et 200 places, nous avons (seulement) 30 places en réanimation et il n’y a plus de place. Ce qui veut dire aujourd’hui que si vous présentez une forme grave, tant qu’un patient n’est pas décédé ou qu’on en n’a pas libéré, vous ne trouverez pas de place», informe-t-il.

« Même si mon père présente aujourd’hui une forme grave de Covid-19, je ne peux pas l’hospitaliser à Kégué. Je ne peux le faire que s’il y a un patient qui est décédé, ce qu’on ne souhaite pas, ou bien si on libère un patient. Or la durée d’hospitalisation est de trois semaines voire un mois », ajoute le Professeur et membre de l’équipe de prise en charge.

« Nous avons un indicateur qui est important, c’est le nombre de patients qu’on appelle les cas actifs. Nous avons aujourd’hui pratiquement 3300 cas actifs. Si vous prenez les 3300 cas actifs et que vous faites l’hypothèse que 5 % présentent des formes graves, ça fait 165 patients graves. Or nous avons une capacité de 30 places en réanimation. On ne peut plus rendre en charge tous les cas graves. Voilà la situation, elle est d’une simplicité totale, il n’y a pas de place à Kégué ».

Cela peut choquer, mais la situation est telle que les autorités sanitaires trouvent mieux de dire les choses de façon crue, si cela peut conduire à la prise de conscience en termes de respect des mesures barrières et booster la mobilisation pour la vaccination, manifestement le dernier gage de protection et d’atteinte de l’immunité collective.


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