Portrait – SANTRINOS Raphaël : pile et face, l’artiste et l’homme

Il avait déjà cartonné avec son tout premier album « Crois en moi », notamment certains morceaux comme « Fiançailles », « Mamadou et Bineta » et featurings et a sorti en septembre dernier son second album, « Coup de Cœur ». Santrinos Raphaël, en à peine trois ans de carrière, s’est imposée comme la nouvelle coqueluche de l’afro R & B, tout simplement la vedette de l’heure de la musique togolaise. Projecteurs sur ce jeune artiste déjà géant par ses talents et dont les morceaux transcendent les générations.

Né le 4 mars 1996, Santrinos Raphaël, HOUNOU ATASSE Elpidio à l’état civil, a démarré sa carrière musicale en 2017, disons plutôt en 2018 avec la sortie de son premier bébé musical. Mais en trois (03) ans, il a dévalé des montagnes. Consécration de son succès, il vient de lancer son second album. Il a déjà tout d’un grand, d’un artiste accompli. Mais les choses ne lui ont pas été du tout roses.

Débuts…difficiles

Santrinos Raphaël s’est lancé dans le monde musical en 2017, au Collège Saint-Joseph. « Je trainais avec des amis qui étaient rappeurs et faisaient des free-styles. Ils m’ont alors invité à y participer. J’y ai pris goût et de là, j’ai voulu essayer quelque chose tout seul, genre écrire un morceau pour voir ce que ça donne. J’en ai composé mon tout premier, c’était « Ton numéro » ; je l’ai fait écouter à mon entourage, il a apprécié et m’a poussé à faire plus ». Cette confidence résume les débuts de Santrinos.

Comme pour tout jeune artiste, ou même (simple) artiste en herbe qui a encore les deux pieds dans l’underground, ses débuts étaient un tantinet difficiles. « C’était compliqué, difficile que les gens te fassent confiance ; il fallait faire ses preuves. J’arrivais sur des concerts où j’étais programmé, mais je ne chantais pas », se souvient Elpidio Atasse HOUNOU, le sourire en coin. Cette maltraitance (sic), avec les années, il l’a bien comprise aujourd’hui. « Dans les soirées, il y a tout, des imprévus, des retards et après, il faut éliminer certaines séquences. Si c’est toi l’artiste undergroung à l’époque, il y a une grande chance  qu’on te zappe ».

Loin de le décourager, ce traitement l’a plutôt boosté « à beaucoup travailler », et il philosophe :  « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Toutes ces situations, c’était pour me booster à donner le meilleur de moi-même ».

Une carrière en fanfare

En lançant, en juillet 2018, « Crois en moi », Santrinos Raphaël ne devrait pas s’attendre à un tel succès. Avec ce premier album de dix-huit (18) titres, il parle d’adolescence, de découverte de l’amour et de romance, de rupture et de déception, de fièvre citadine…« Fiançailles », c’est le titre qui l’a réellement propulsé au-devant de la scène, à côté d’autres morceaux dont « Mamadou et Bineta ». « Waa », son featuring avec la star béninoise Zeynab, l’enverra dans une autre dimension…

Avec ces chansons, Santrinos engrangera une bonne vingtaine de trophées, distinctions ou nominations : Trophées The Heroes 228, Tube de l’année : 2017, 2018, 2019 et 2020 ; All Music Awards : Meilleur album (« Crois en moi », 2018), Chanson Lover (Mamadou et Bineta, 2019), Meilleur artiste masculin, 2020, Meilleure chanson Lover 2020 ; Nominé au African Talent Awards, entre autres.

Sur cette lancée, il a sorti, en septembre dernier, son second album.

Son…« Coup de cœur »

Album de vingt et un (21) titres, « Coup de cœur » se veut un mélange de sentiments tous azimuts. « C’est un album qui parle de joie de vivre et d’espoir ; c’est aussi un résumé de sentiments qui nous animent dans différentes situations dans nos vies. Le titre « Coup de cœur », c’est un mélange de douleur, de bonheur, d’amour et de peur en fait. Et donc j’ai voulu partager mes coups de cœur avec le public en sachant qu’il va aussi y retrouver ses coups de cœur», nous explique l’artiste.

Dans les détails, on y retrouve des sons comme « Camarades », pour « parler un peu de la nostalgie de  la vie à l’école, de tous ses amis dont on n’a plus forcément de nouvelles ». Ce morceau, Santrinos l’a fait pour « dire à [ses] camarades qu’ils [lui] manquent beaucoup. En même temps, tous ceux qui ont été à l’école vont se retrouver là-dedans ». On trouve également le titre « Maman », pour « dire merci à toutes les mamans pour leur amour », « Mawuna » pour « dire Merci à Dieu pour tout ce qu’il a eu à faire pour [lui] ». « Le début et maintenant, il y a une grande évolution, même si ce n’est pas encore la finalité. On espère encore aller loin, mais c’est quand même mieux de lui dire merci », justifie Elpido Atasse HOUNOU.

Sources d’inspirations

Ce n’est pas une règle, mais une routine dans le monde du showbiz. La plupart des jeunes artistes ont des idoles auxquelles ils rêvent de ressembler et qu’ils tentent d’imiter. Mais Santrinos Raphaël, lui, n’en a pas, même s’il avoue écouter toutes les musiques. Mais alors où trouve-t-il ses inspirations pour composer ses morceaux aussi intéressants ? Il la tire de son vécu, de la société…

« Je m’inspire de mon environnement social, de mes vécus. Après, j’observe aussi beaucoup. Même si l’idée  du morceau part d’une composition qui parle de moi, j’essaie toujours de généraliser un peu pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Je m’inspire de mon environnement social, c’est la base, je chante pour les gens qui m’écoutent », nous confie-t-il.

C’est justement le sens qu’il faut donner au titre de son second album « Coup de cœur », qui se veut un panaché de ressentis, notamment le morceau « Camarades » pour exprimer sa nostalgie des bancs de l’école, de ses amis, entre autres.

Santrinos dans la vie courante

Elpidio Atasse HOUNOU est avant tout un homme, avant d’être artiste. Il n’était (peut-être même) pas prédestiné à être artiste, au regard de sa formation professionnelle : BTS en commerce international et Licence en marketing et communication. « Avec la carrière qui est la mienne, tout est devenu intense. J’ai fait une pause, mais je compte reprendre bientôt en Master », confie-t-il.

Qu’à cela ne tienne, Santrinos est devenu aujourd’hui un artiste, précocement accompli, et il a dans la vie courante une personnalité, de petites habitudes, des loisirs. « Je me réveille, je prends mon petit déjeuner, je vais à la salle de gym, reviens, dors un peu – parce que je suis souvent fatigué, même si c’est 30 min – et après j’attaque la journée proprement dite. Si j’ai des trucs à faire, je pars à mes rendez-vous ou soit je viens à la boutique (Nouvelle Mode, à Nyékonakpoè, Ndlr) pour voir l’équipe, mon producteur, mon manager…Après je vais au studio si j’ai un morceau à enregistrer », voilà décrite sa journée d’artiste.

Célibataire sans enfant, Elpidio Atasse HOUNOU n’a de femme, pour l’instant, que la musique, sa carrière. A ses courtisanes (sic), il plaisante fixer sa dot à 50 millions de FCFA. Plus sérieux, ses loisirs ou passe-temps favorites, ce sont les jeux vidéo et les balades en ville. « Je joue beaucoup avec mes frères et mes potes. Sinon après, je me balade beaucoup, je fais le tour de la ville, mais ça, c’est plutôt la nuit, ça me fait du bien », dit-il.

Son succès ne l’a pas changé, comme la plupart des jeunes artistes qui percent. Santrinos Raphaël se réclame « posé », « simple » parce que, croit-il dur comme fer, « le bonheur est dans la simplicité ». « Je ne me prends pas la tête, je n’ai pas changé mes routines (…) J’opte donc pour la simplicité, je n’ai pas de complexe, je sors quand j’en ai envie ; si c’est pour payer un truc, j’y vais. Zéro complexe en fait ». Il ne se sent nullement importuné que les fans l’apostrophent en ville ou viennent prendre des selfies avec lui. « Surtout quand les enfants m’approchent, ça me fait énormément plaisir», confie l’artiste.

Reconnaissance, ambitions…

Pour un démarrage d’une si jeune carrière, Santrinos a fait fort. Il a beaucoup percé par son talent, mais pas que. C’est aussi grâce à son producteur, Mansa Groupe. Il en est bien conscient et même reconnaissant. « Le début était compliqué avant que je ne signe avec Mansa Groupe (…) », avoue l’artiste, et de fondre en extase pour tout son staff : « Grâce à Dieu, j’ai eu la chance d’avoir une équipe très dynamique, très professionnelle et très déterminée aussi. Et depuis 2017, c’est le travail acharné ».

Faut-il le rappeler, c’est grâce à Mansa Groupe qu’il a pu faire le featuring décapant « Waa » avec la star béninoise Zeynab. Le succès de Santrinos Raphaël se traduit par le nombre de téléchargement de ses morceaux sur les plateformes légales, de followers sur les réseaux sociaux. Mais il ne compte pas dormir sur ses lauriers. Son objectif à court terme, c’est d’«exporter la musique togolaise ». Et pour ça, il est bien conscient que seul le travail paiera : « Il faut travailler comme si tout dépendait de toi et prier comme si tout dépendait de Dieu. C’est Dieu qui permet ». Autre rêve, guider ses jeunes frères artistes, « pousser d’autres jeunes, leur donner de la force » afin de percer aussi.

…Générosité

Santrinos Raphaël, c’est aussi l’humilité ; la preuve palpable, c’est la paix scellée avec les techniciens de radio après la brouille passagère. « C’était un malentendu », résume-t-il, et de remercier au passage le ministre de la Culture qui a joué le médiateur et aidé à « régler le problème ».

Elpidio Atassa HOUNOU, c’est également un cœur, des actions sociales, des dons de vivres et dédicace aux enfants du Centre d’accueil d’orphelins « SOS Village d’enfants » en août 2018, des dons de vivres aux familles démunies au temps fort de la pandémie du coronavirus dans le quartier de Bè (avril 2020)…

Le meilleur moyen de pousser Santrinos à procurer de la joie aux autres par sa voix suave, ses sons décapants, son talent adulte de précocité, mais aussi ses gestes de générosité, c’est d’acquérir l’album « Coup de cœur » disponible sur les plateformes de téléchargement légal, acheter le CD à 2000 F et le PSD à 10 000 FCFA dans la boutique Nouvelle Mode, sise à côté de Sergio Sport à Nyékonakpoè, Immeuble Elekta. A consommer donc sans modération.


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