Home Projecteurs Showbiz : A la découverte du métier d’ARRANGEUR, avec RODRIGUE MISTER MAGIC

Showbiz : A la découverte du métier d’ARRANGEUR, avec RODRIGUE MISTER MAGIC

by Le Tabloid

C’est un maillon de la chaine de production d’une chanson. Lui, c’est l’arrangeur. Mais en quoi consiste exactement son rôle ? Quid des autres acteurs intervenant dans la chaine ? Le profane n’en sait que dalle. Manager Directeur Technique de Studio Colibri et Directeur Général d’Adé Music Production, Adekami BELLOW, un arrangeur professionnel, plus connu dans le milieu artistique sous Rodrigue Mister Magic, Rodi Adé ou Mister Magic, en parle, dans cet entretien à nous accordé.

C’est quoi un arrangeur? En quoi consiste son rôle ?

Un arrangeur, c’est généralement un musicien, je dirais même un grand musicien qui a fait beaucoup de tubes et acquis beaucoup d’expériences en matière de musique. C’est quelqu’un qui, à part son instrument de prédilection, peut toucher un peu à tous les autres, a une connaissance globale de ce que c’est que la musique. Son rôle justement, c’est d’arranger une composition, une chanson, une musique. Si par exemple vous avez composé un chant et que vous voulez rentrer en studio, c’est l’arrangeur qui va essayer d’habiller votre son, lui trouver les accords, les progressions qu’il faut pour que le son puisse plaire. Grosso modo, voilà un peu son rôle.

On parle également d’ingénieur de son. Quelle différence y a-t-il entre les deux ?

L’ingénieur de son, lui, c’est un technicien qui travaille en collaborateur avec l’arrangeur. Ce dernier arrange un chant et l’ingénieur de son l’enregistre. Parce que tout ce que l’arrangeur joue, il faut qu’on l’enregistre sur un support, soit dans un magnétophone, soit dans un work station, soit dans un séquenceur ou logiciel. C’est l’ingénieur de son qui gère tout ça. Il est au centre de la chaine, c’est lui qui va enregistrer  l’artiste, l’arrangeur et tous ceux qui vont intervenir sur le morceau-là.

L’arrangeur peut ne pas être le musicien exécutant ; il peut être, comme on le dit, au-dessus de la mêlée. C’est quelqu’un qui a une connaissance approfondie de la musique ; il peut peut-être appeler des musiciens pour venir jouer sur la chanson, exécuter son arrangement. C’est comme un architecte qui a fait le plan sur papier et appelle le maçon, le ferrailleur, le carreleur, ainsi de suite pour le matérialiser. L’arrangeur peut lui-même tout jouer aussi, et c’est ce qu’on voit  de plus en plus aujourd’hui.

Maintenant, un arrangeur de son peut être au même moment un ingénieur de son, et vice-versa. Force est de constater qu’au fil du temps, lorsqu’un arrangeur a l’habitude d’aller en studio travailler, il finit par devenir un technicien, puis un ingénieur de son après, parce qu’il aura appris tout sur le tas à force de côtoyer un ingénieur (de son) et demander des conseils. De la même manière, un ingénieur de son qui n’est pas arrangeur à l’origine, à force de travailler avec des arrangeurs, si lui aussi il est musicien, ce qui est fréquent, il acquiert des expériences et devient aussi arrangeur.

On voit naturellement que les deux acteurs-là sont incontournables dans la carrière d’un artiste. Puisque tout commence par l’arrangeur et finit par l’ingénieur de son. Donc ce sont deux corps de métier indispensables dans la chaine de production en matière de musique.

Quels sont les acteurs intervenant  dans la chaîne de production d’un album ou d’un artiste ?

Il y a d’abord l’artiste lui-même, c’est lui le premier maillon de la chaine.

Après, il y a l’arrangeur, celui-là même qui va essayer de faire le plan, le schéma du son, arranger, dessiner le chant ; il dit par exemple qu’il faut qu’il y ait une intro de ce type, dans cet esprit-là et ainsi de suite et jusqu’à la fin. L’arrangeur assure l’arrangement du chant, fait le choix des instruments qu’il faut.

Viennent ensuite les  musiciens. Parmi eux, nous avons le batteur, le basiste, le guitariste, le pianiste, le ventiste, le percussionniste… Comme je le disais tantôt, l’arrangeur peut ne pas être musicien, mais il est au centre du processus, c’est lui qui donne les consignes.

Après les instrumentistes, les musiciens, il y a maintenant les choristes. Nous sommes alors au niveau de la prise de voix. Ça peut être des femmes ou des hommes, des filles ou des garçons ; généralement on utilise les voix féminines.

Puis viennent le mixage et le mastering. Donc l’ingénieur de son, lui, il est là du début jusqu’à la fin. Il assure l’enregistrement, la prise de voix, après le mixage, après le mastering.

En résumé, il y a l’artiste, l’arrangeur, les musiciens, les choristes, l’ingénieur.

Gagner sa vie dans le monde culturel n’est pas chose évidente. Comment l’arrangeur, lui, s’en sort-il ?

L’arrangeur peut gagner sa vie et j’en suis un exemple palpable, une illustration vivante. Je ne fais que ça comme boulot, et je ne me plains pas. Je ne voudrais simplement pas rentrer dans les détails (…) Mais j’avoue que ce n’est pas évident pour tout le monde. Le secret, et ça marche partout, si tu veux gagner ta vie dans n’importe quel domaine d’activité, il faut être professionnel. Selon moi, c’est la clef. Je connais des arrangeurs, si je vous dis ce qu’ils ont comme gombo (argent ou revenu, Ndlr) de part et d’autre dans un mois, ils n’ont rien à envier à un fonctionnaire de cadre A. Il y a des arrangeurs qui arrivent à avoir, si le mois est béni, près de 400 voire 500 000 F de gombo. C’est vrai aussi qu’il peut y avoir des moments où il n’y a pas de boulot, c’est normal, parce que nous sommes dans le showbiz. De la même manière il y a des moments où il y a tellement de boulot que le gars est débordé. Donc en temps normal, les arrangeurs gagnent bien leur vie et s’en sortent s’ils professionnalisent le métier.

C’est la même chose pour les musiciens. Un musicien, quand il vient pour intervenir sur un chant, il prend de l’argent. Et généralement le minimum sur un chant, c’est dix mille (10 000) F. Et là encore, je parle du Togo. Dans la sous-région, en Côte d’Ivoire par exemple, ce n’est pas pareil ; l’intervention sur un chant, ça va déjà dans les 50 000 F. Généralement ce que prend l’arrangeur, c’est au moins le double de celui du musicien, parce que ce dernier, lui, il vient rien qu’avec son instrument alors que l’arrangeur, c’est lui qui a tout planifié, arrangé.

Je donne aussi l’exemple d’une choriste. Le minimum qu’elle prend, puisque c’est une musicienne aussi, c’est 10 000 F ; mais sur certains projets, on peut aller au-delà. Si elle est professionnelle, on l’appelle pour venir en studio pour poser sa voix sur une chanson, elle est rapide et efficace, elle s’en sortirait aisément. Si dans une semaine, elle est sollicitée dans quatre (04) studios à Lomé – et je rappelle qu’ il y a près d’une vingtaine de studios maintenant dans la capitale- et qu’elle fait au moins un chant dans chacun, cela veut dire que ça lui fait 40 000 F par semaine. Dans un mois, on est donc pratiquement à 160 000 F. Encore que ça, c’est au minimum. En temps normal dans un studio, il peut y avoir 2 ou 3 chants par semaine. Et si elle est bien sollicitée, vous voyez un peu ce que ça peut  donner à la fin du mois.

Comme je le disais, si vous arrivez à professionnaliser votre domaine d’activité quel qu’il soit, vous en vivrez.

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