Home ActualitéPolitique Togo Debout exige la libération des responsables de la DMK et dénonce l’instrumentalisation de la justice

Togo Debout exige la libération des responsables de la DMK et dénonce l’instrumentalisation de la justice

by Le Tabloid

Le Front citoyen Togo Debout (FCTD) condamne, à son tour, l’arrestation des responsables de la Dynamique Kpodzro et exige leur libération, dans une déclaration rendue publique. Togo Debout rappelle les affaires similaires et fustige l’instrumentalisation de la justice.

LE FRONT CITOYEN « TOGO DEBOUT » CONDAMNE L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE ET DEMANDE LA LIBERATION DES RESPONSABLES DE LA DMK ET DES DETENUS POLITIQUES
DECLARATION

Une des missions de l’Etat est de garantir la sécurité à tous ses membres et de leur permettre de jouir pleinement de leurs droits. Mais un Etat qui ne respecte plus cette mission devient ce que Frederich NIETZSCHE appelle un monstre marin. L’Etat devient de ce fait un cadre où règnent l’arbitraire et la terreur.

Ne sommes-nous pas dans cette situation aliénante pour les citoyens de notre pays, le Togo où les règles de l’Etat de droit ne sont que de simples écrits ? En refusant de faire du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales sa pierre angulaire, l’Etat togolais se comporte en Etat autoritaire dans lequel certains citoyens sont considérés par les pouvoirs publics comme des personnes assujetties n’ayant aucun droit.

En 2013, des responsables, des militants et sympathisants du Collectif « Sauvons le Togo » ont été interpellés et emprisonnés dans la ténébreuse affaire des incendies de Kara et de Lomé.
Après plus de cinq (5) années de détention, ils seront libérés en 2018 sans que la lumière ne soit faite jusqu’alors sur les circonstances de cette affaire. Dans un passé récent, en Octobre 2017, des membres du Mouvement Nubueke sont arrêtés en dehors du cadre légal et du respect des règles procédurales sous le couvert de sept (7) chefs d’accusation dont « la détention illégale de matériel militaire ».

Jusqu’à la fin de leur détention qui aura duré plus d’une année, rien n’est venu étayer ces accusations. De même en 2019, plusieurs militants ou sympathisants du PNP sont arrêtés en dehors du cadre légal et du respect des règles procédurales et croupissent depuis plusieurs mois en prison sans jugement.

Aujourd’hui nous apprenons l’enlèvement de M. Djossou Dodji Yawovi Gérard et l’interpellation de Mme Brigitte Kafui Adjamagbo- Johnson, tous accusés d’« atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ». Si l’Etat existe, il ne peut et ne doit jamais être l’oppresseur des citoyens et la sécurité de l’Etat qui concerne tous les citoyens ne peut en aucun cas devenir la sécurité d’un individu.

Lorsque la justice de notre pays interpelle des citoyens et les accuse de « projet criminel » tendant à la « déstabilisation de notre pays », cela nous questionne au regard de ces antécédents. Notre justice se définit elle-même comme une « justice à deux vitesses » et surtout elle est demeurée strictement inactive depuis que de nombreux citoyens, dont des enfants ou militants de l’opposition ont été assassinés, victimes de l’insécurité institutionnelle.

Lorsque les magistrats deviennent insensibles même aux infanticides et qu’ils donnent le sentiment d’une instrumentalisation de l’institution judiciaire, la Nation que nous voulons construire au Togo, sur la base de l’équité et du vivre-ensemble harmonieux verra difficilement le jour.

On est en droit de se demander si cette justice n’est active que pour décapiter les mouvements de contre-pouvoir afin de faire taire toutes les velléités de contestation de la mal gouvernance.

Le FCTD demande à ce que les personnes précitées et interpellées dans le cadre de cette affaire, de même que tous les détenus politiques, soient libérées et que les justiciables ne soient pas politiquement choisis. Car des contentieux électoraux ne peuvent pas devenir une affaire judiciaire en des formes déguisées. Si l’Etat existe, c’est que les individus qui sont des citoyens existent et même préexistent à cet Etat et ceux-ci ont des droits inaliénables qui doivent être respectés puisque l’Etat c’est nous tous et non une partie et encore moins un individu quelle que soit sa fonction.

 

Fait à Lomé, le 29 novembre 2020

Pour Le Front Citoyen Togo Debout

Professeur David Ekoué DOSSEH

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