Home AutresOpinions Wagner, du « sable mouvant en Afrique » pour Fovi Katakou

Wagner, du « sable mouvant en Afrique » pour Fovi Katakou

by Le Tabloid

Quel avenir de Wagner en Afrique et surtout quel sort pour les pays qui s’en amourachent depuis quelque temps ? La question se pose depuis la rébellion aux airs de clair-obscur d’Evgueni Prigojine, le patron de cette organisation paramilitaire. L’activiste Fovi Katakou, lui, s’est mouillé sur l’illusion de sa présence sur le continent, dans une réflexion intitulée « Wagner, sable mouvant en Afrique » dont ci-dessous la quintessence.

« La lutte d’influence des pays puissants aujourd’hui ouvre une opportunité en Afrique où la jeunesse se lève contre la domination française, impérialiste des Occidentaux, Américains. On se débarrasse des armées coloniales sur le territoire africain. On dénonce le franc CFA. La jeunesse africaine crie et veut avoir sa souveraineté. Mais cette libération, délivrance demeure dans la recherche de la liberté d’un enfant ou d’un désespéré, qui est fatigué de supporter l’ancien maître », caricature Fovi Katakou.

« Cherchant à se venger des sévices subis chez l’ancien maître, quand il voit un homme plus puissant en train de malmener son bourreau, le faire fléchir, le persuade qu’il va l’aider à se libérer de sa situation d’oppression, d’esclavage, d’exploitation, il se jette corps et âme dans les bras du nouveau maître qui prétend le libérer. C’est ce que nous observons sur la scène politique africaine avec l’action de Wagner dans les différents pays africains. Et beaucoup de leaders d’opinion africains ont fièrement apprécié l’aide de la Russie via son instrument Wagner». Par cet extrait, l’activiste peint un constat bien réel. Mais avec ce qui se passe depuis ce week-end sur la scène politique russe, la Russie peut-elle encore idéalement venir en aide aux pays africains à travers Wagner ?

La question se pose avec légitimité et trotte certainement dans un coin de l’esprit des nouveaux seigneurs (sic) de Bangui et surtout de Bamako et Ouaga qui flirtent avec la bimbo (sic) Wagner. M. Katakou, lui, en doute et le dit haut et fort. « Avec la donne actuelle de la rébellion  ou du chantage d’Evgueni Prigojine et l’enlisement de la guerre en Ukraine, l’espoir des jeunes africains de se voir protéger par la Russie contre les Occidentaux, les Américains est véritablement compromis », tranche l’activiste qui dit redouter de «véritables déstabilisations politiques dans les différents pays». Et c’est loin d’être farfelu.

« Les déclarations de Prigojine pour donner du sens politique à ses chantages montrent que penser à être protégé par la Russie en se basant sur Wagner n’est qu’une illusion de s’accrocher à du sable mouvant pour espérer avoir la vie sauve dans un jeu d’influence politique mondiale », dit-il, et de prêcher l’autodétermination des peuples africains qui « nous impose de chercher la vraie indépendance », car « personne ne nous assurera une meilleure protection que nous-mêmes. Si nous voulons développer notre propre environnement socio-politico-économique selon notre vision et notre conception, nous devons construire notre propre force protectrice dissuasive de l’attaque des rapaces qui veulent se saisir de nos ressources pour eux-mêmes en nous maintenant dans une situation d’esclavage et de nègres de maison ».

Katakou trace ce qu’il voit comme la voie idéale pour y parvenir : « politiser la masse africaine », provoquer l’appropriation des pensées politiques africaines de plusieurs auteurs dont Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah, Thomas Sankara, Frantz Fanon, Sylvanus olympio et pleins d’autres pères de l’autodétermination des peuples africains qui « ont déjà théorisé sur ce que nous devons faire pour avoir notre véritable indépendance ». Et il voit les réseaux sociaux comme des canaux importants pour l’initiation à la pensée politique africaine.

Autre pistes proposées, «construire une véritable force économique » qui permettrait ainsi de « déclarer la guerre à la misère, à toute forme de situation d’exploitation sur le sol africain », mettre en place une puissante armée africaine, une véritable usine culturelle africaine, un Fonds africain d’investissement (FAI), créer un système politique où tout homme ou femme qui désire occuper un poste politique pour servir son continent à travers son pays le fasse sans difficulté, d’où la nécessite de « solder rapidement la question du mandat illimité d’une personne ou d’un clan familial à la tête des différents pays africains ».

« Le film chantage de Prigojine nous recommande de sortir du militantisme du monde enfant pour l’engagement pour un véritable programme politique pour la souveraineté africaine véritable. Pour préserver le sang russe et les intérêts économiques, la Russie ne va pas chercher à protéger encore les pays africains. Chaque peuple travaille pour son intérêt, son hégémonie », croit fermement l’activiste, et de lancer cet appel s’inscrivant dans la dynamique d’inventer l’avenir : « Peuple africain, travaillons maintenant pour notre propre intérêt en ne pensant qu’à nous-mêmes, à l’environnement et à l’être humain. Et nous ne pouvons que compter sur notre propre force ».

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